AFBH-Éditions de Beaugies 
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Les Jeudis du Songeur (175)

POURQUOI JE SUIS FÉMINISTE

Je suis féministe parce que j’ai eu l’incroyable chance de naître d’une femme.

Je suis féministe parce que cette grande dame, qui ne faisait jamais rien à moitié, m’a transmis la confiance dans la vie en même temps que la vie.

Je suis féministe parce qu’une jeune femme, un jour, m’a accepté pour époux, donnant ainsi à mon existence la possibilité de complétude que se cherche sans fin l’être humain – toujours plus ou moins orphelin de la moitié de lui-même.

Je suis féministe parce que mon épouse a fait naître, d’elle et de moi indistinctement, trois filles exceptionnelles qui m’ont appris à devenir père en les faisant grandir. Fier de ce que promettaient leurs vies, je fus le plus radical des féministes paternels.

Je suis féministe parce que, à côté des modèles d’hommes et amis qui m’ont fait désirer être adulte, il y eut tous ces êtres féminins qui m’ont nourri de leur affection, éclairé de leurs intuitions, porté par leur confiance à mûrir mes propres fruits, et m’ont ainsi, chacune à sa manière, « mis au monde » pour servir le monde.

Je suis féministe parce qu’en admirant d’innombrables femmes, j’ai compris ce qu’est la compassion, et plus généralement, le fait d’aimer les autres pour eux-mêmes, et non avec l’arrière-pensée d’un retour sur investissement.

Ce sont peut-être là de mauvaises raisons, circonstancielles. Mais ce sont les miennes. Et je n’ai pas l’habitude de renier ce dont j’ai cru faire l’expérience.

Je suis féministe aussi, bien sûr, pour avoir observé combien les femmes sont les égales de l’homme, vices et vertus comprises, jusqu’à partager même, au mépris d’elles-mêmes, les illusions masculines et autres vertiges du pouvoir.

Je suis encore et enfin féministe, tout simplement, parce qu’il m’a semblé constater que la Nature, au fil des millénaires, a engendré l’être humain à la fois homme et femme, dans leur différence et complémentarité, de sorte que cet être ne peut jamais s’accomplir en ne se voulant que la moitié de lui-même (ou se faisant tout seul les deux en même temps).

Parce que le féminisme est consubstantiel de l’humanisme, je n’ai donc pas besoin de me proclamer « féministe » à tout bout de champ pour l’être essentiellement.

Quand on se donne pour programme l’humanisme intégral, le reste va de soi…

Le Songeur  (14-06-2018)



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